Eh oui! Le ‘fameux’ passage de la quarantaine n’est pas un mythe mais bel et bien une réalité qui peut te frapper tout d’un coup sans avertir, telle une explosion nucléaire! C’est une sorte de prise de conscience que tu as d’avoir mené ta vie de telle ou telle façon et c’est le moment où tu te dis: «ce que je n’ai pas fait, c’est genre maintenant ou jamais que j’dois le faire». Les choses pour lesquelles t’as pas su dire non, il faut y renoncer et lâcher prise. C’est le début d’un p’tit voyage obligé dont tu ne pensais pas avoir à prendre et puis voilà t’es en plein dedans! Alors tu attaches ta ceinture vers une destination et une durée de vol inconnue et tu fonces sans gilet de sauvetage vers cet incontournable détour du chemin vers… soi-même!
J’ai commencé à me poser toutes sortes de questions essentielles sur la vie que j’avais, sur ce que je voulais poursuivre et sur ce que je ne voulais plus. Quand t’as cette impression que tu t’approches de la moitié de ta vie et que le moment est venu de te projeter pour décider concrètement de ce que tu veux faire, être, avoir et voir dans la 2e partie de ta vie. Ce qui est ironique, c’est que tu visais, dans cette 1e partie, à te construire, te réaliser, te trouver, te définir et t’accomplir sur tous les plans. Maintenant que tu commences à respirer et que t’as plus rien à prouver à personne, que t’as réussi à acquérir les objectifs que tu t’étais fixés au fil des années pour être heureux, ben là tu te rend compte que c’est plus ça que tu veux! Enfin… que c’est plus comme ça que tu le veux pis ta conquête du bonheur ben tu la cherches encore. Alors là, c’est la panique pis tu te demande si t’as fait les bons choix, pris les bonnes décisions… Tsé ta p’tite voix au fond de toi qui te dit: «ben voyons! T’as tout ce que tu veux, pourquoi t’es pas heureuse?» Et ben voila!!!
À première vue, une remise en question sur son cheminement ça l’air cool! On s’fait une p’tite rétrospective, un p’tit ménage intérieur, on s’fixe de nouveaux objectifs et voilà le tour est joué! Mais concrètement, hum… c’est pas si évident que ça. La remise en question est souvent drastique, profonde et parfois existentielle. Le chum, la vie de famille, les rêves à réaliser, le travail, l’argent, les amis …tout y passe. C’est à la fois un mélange de sentiments, de maturité et de réalisations. La satisfaction d’être vraiment devenue une femme, un certain épanouissement, mais c’est aussi comme une impression d’être arrivée au sommet d’une montagne, et tout doucement d’amorcer la descente en glissant un peu vers l’inconnu, vers autre chose. Quelque chose que je ne maîtrise pas vraiment, quelque chose qui m’effraie peut être un peu… beaucoup…
La quarantaine, c’est aussi le moment où tu prends vraiment conscience que tu vieillis… Ben oui, les rides sont de plus en plus présentes, ton corps commence à ramollir, tsé le phénomène de la gravité, ben là, t’en comprends vraiment le sens concret! T’es de moins en moins en forme, tu te sens moins séduisante, moins attirante, malgré tout les efforts que tu fais, les p’tites crèmes, le sport, bien manger etc. Le temps continue d’y laisser sa trace, avec de plus en plus de cheveux blancs en bonus! Fini de faire ta wonder woman pis courir à gauche pis à droite; le corps ne suit plus comme avant. Et pour en rajouter encore un peu plus, c’est le début de la pré-ménopause pis là t’as les hormones en montagnes russes. Tsé le jackpot! Tu brailles, tu sais pas pourquoi, tu pognes les nerfs pour tout et pour rien …Tu t’endures juste pas! Des fois, j’hibernerais bien pendant un ti-moment … le temps que… ça passe!
Je ne sais pas comment va se terminer ce chapitre de ma vie mais, pour l’instant j’apprivoise tout doucement avec beaucoup de crainte et de peur cette croisée des chemins en essayant de comprendre ce qui arrive et pourquoi ça arrive. Je crois que l’important c’est de ne pas précipiter les choses et agir sur des coups de tête ou en trouvant des réponses faciles en contournant les véritables questions afin d’éviter la confrontation avec ses propres faiblesses. À l’inverse, nier ce que l’on ressent en se disant «bah c’est qu’un passage ça va se régler tout seul» c’est aussi passer à coté des vraies questions et de s’enfermer dans une vie qui ne nous rend pas complètement heureux.
Faire ledeuil de sa vie passée, accepter de vieillir et se dire que, le tempsqui passe nous ouvre peux-être la porte à de nouvelles expériences qui sont plus en accord avec nous-mêmes. Voir ça comme le début d’un nouveau chapitre du livre de sa vie? Pourquoi pas en développant de nouveaux talents? De nouvelles relations à sceller? Privilégier un mode de vie qui n’est plus centré sur ce que la société nous impose, mais sur de véritables affinités. Ce qui se cache à l’intérieur de nous.
Et si cette perturbation nous apprenait à savourer le présent, pour avoir un futur lumineux et rayonnant, en accord avec nous-mêmes?