Les relations toxiques sont aliénantes. Et lorsqu’il s’agit d’un membre de la famille, c’est d’autant plus difficile de s’en protéger. Or, quand la manipulation vient de sa propre chair, de son enfant, la culpabilité prend énormément de place. C’est inévitable. En tant que parent, on se demande ce que l’on a fait pour transformer un être humain en pervers narcissique… et surtout, cet enfant devenu adulte sait très bien comment jouer avec nos émotions…
Quand un client vient me consulter pour un problème avec un enfant manipulateur, généralement, ce dernier est devenu adulte. Ses comportements néfastes ont empiré. Le parent n’en peut plus et ne sait plus quoi faire. Mais il réalise que ça n’a pas de bon sens. Selon les recherches en psychologie, on ne naît pas manipulateur, on le devient. Et, dans la majorité des cas, ce n’est pas la maltraitance, la violence ou l’intimidation qui engendrent le développement de tels comportements pervers narcissiques. C’est plutôt le manque de constance et de cohérence parentale.
Un parent monoparental à bout de souffle qui essaie d’établir des règles, mais qui, quand il est trop fatigué cède à son enfant, lui apprend que « Non » ne veut pas vraiment dire « Non ». L’enfant comprend qu’il suffit d’insister, de devenir envahissant, de trouver la faille, de faire une demande dans un moment où le parent est fatigué et risque davantage de flancher.
Un couple dont le premier parent émet un refus face à une demande de l’enfant et dont le second parent vient contredire cette décision lance un message contradictoire à l’enfant. Encore une fois, l’enfant comprend qu’il peut monter les parents l’un contre l’autre pour obtenir ce qu’il veut. Il sait qu’un « Non » peut se transformer en « Oui » auprès d’une autre personne au risque de semer la zizanie dans la famille.
L’enfant apprend donc à utiliser les faiblesses disciplinaires de ses parents à son avantage. À l’âge adulte, maintenant bien rodé, il fait de même dans ses relations amoureuses et au travail.
Que faire?
Si votre enfant est encore mineur, faites rapidement appel à un pédo-psy! Et surtout, armez-vous de patient. Travaillez votre détermination et VOTRE capacité à dire NON, à vous y tenir. Développez votre capacité à vous affirmer! Ça ne se fera pas tout seul. Et l’enfant va réagir et va vous en faire voir de toutes les couleurs. C’est votre chemin de croix, votre mission. Si vraiment vous souhaitez que votre enfant change, il vous faut changer aussi.
Si, comme c’est le cas de mes clients, votre enfant est devenu adulte, le seul moyen pour qu’il choisisse de travailler sur lui et d’adopter de nouveaux comportements est le fait que la manipulation lui apporte plus de douleur que de bénéfices. À lui… pas à vous… Car votre souffrance ne l’affecte pas autant que vous ne le pensez. Pour une personne manipulatrice, la douleur de l’autre est simplement un indicateur qu’il se rapproche de son but : avoir ce qu’il veut.
Conclusion
Dans bien des cas, les manipulateurs et pervers narcissiques, qu’ils soient des hommes ou des femmes, ne souhaitent pas du tout changer. Ils ont trop à gagner à continuer d’agir de la sorte. L’objectif sur lequel vous devez vous concentrer, c’est vous-même. Car la vie est bien faite! Tant que vous n’apprendrez pas à vous affirmer, à dire non, à vous faire respecter, l’univers va vous envoyer d’autres situations pour vous amener à faire le choix de cheminer!