Je me lance un peu dans le vide là, du moins, je sors de ma zone de confort. C’est douloureux, la mort. Rien que d’en parler, j’étouffe. Câline! On reste seul à s’étouffer avec nos pensées, nos peurs. Non! C’est pas beau! La mort est le pire des sujets pour moi. Je vous raconte pareil.
En plein coeur de l’adolescence, mon groupe d’amis et moi perdions notre amie Hélène, disparue en mer alors qu’elle fuyait des problèmes graves et douloureux. Il s’agissait de ma première expérience vis-à-vis la mort. Je suis restée figée, abasourdie, en pleurs et en craintes de cette phase inconnue. Je cherchais des réponses. Je suis partie vivre chez les religieuses, me rapprochant de ce grand univers inconnu qu’on peut nommer aussi la foi.
Je n’ai pas trouvé les réponses convoitées, mais je me suis rattachée tranquillement à la vie qui suit son cours; avec ses hauts et ses bas, ses petits et grands bonheurs, ses manifestations d’amitié et d’amour. Depuis, je recherche de grandes manifestations d’humanité, cette vie qui brille dans les yeux des heureux, cette passion qui se dessine en connexion avec l’âme et cet amour incommensurable pour nos proches. Des semences de parcours idyllique.
Chaque fois que je pense à la mort, à la maladie, au deuil, à la fin ou à la disparition, j’ai toujours ma gorge qui se serre, mon estomac qui se noue, mes mains qui tremblent la peur de l’inconnu. Cet ennemi qui m’amène que de l’agitation dans la tête et un coeur rempli de soubresauts d’amertume. À l’occasion, des souvenirs prennent possession, le temps d’une petite danse dans ma tête, laissant une vague heureuse sur ma plaie.